Mercedes-AMG A 45 S

Voiture de course, de poche. 

J’avais terriblement envie d’essayer cette voiture, pour plusieurs raisons. La première, redécouvrir ce 4 cylindres absolument étonnant et aussi, pour vous chers lecteurs, qui l’avait demandé. Il y a aussi de la curiosité, car les avis divergent sur cette voiture. Alors qui croire ? Je me devais de l’essayer pour me faire un avis. 

C’est la porte d’entrée vers les voitures “d’ingénieurs” et l’automobile d’exception. 

Furtivité. 

La Classe A est une voiture bien née. Un style simple mais avec des proportions parfaitement travaillées. Pourtant le style ne cache pas qu’il s’agit d’un véhicule premium, notamment dans les ajustements de carrosserie et le travail effectué sur les feux. Avec des dimension de compactes (Longueur : 4,40m ; Largeur : 1,85m ; Hauteur : 1,41m), la Classe A est le compagnon idéal pour la ville et son coffre de 370 litres vous permet même de partir en vacances avec des enfants. Et pour notre version AMG ? La notre est subtile, outre les logos AMG et la calandre Panamericana, impossible de distinguer que cette voiture fait plus de 400 chevaux. C’est comme Peter Parker sans son déguisement de Spiderman, cela ne l’empêchant évidemment pas d’avoir ses pouvoirs. La couleur gris Magno fait couler la lumière et les jantes de séries se distinguent des jantes multi-branches AMG que l’on voit généralement sur ce modèle. Pas de pack aéro, c’est-a-dire pas de lames à l’avant, ni d’aileron venant coiffer la poupe. Ici c’est la furtivité qui prime. Et on le remarque très vite, les passants ne font guerre attention à cette Mercedes, donnant l’impression d’avancer sous-couverture, malgrè un armada technologique et mécanique impressionant. Et puis, il y a moi, derrière le volant, qui, aux dernières nouvelles, est dans la même situation que ces passants sur le trottoir. Je sais ce que je conduis mais l’oublier est chose aisé, la boite est si rapide, le moteur tellement imperceptible que l’espace d’un instant je pourrais oublier qu’il s’agit de la version AMG. Mais une insertion sur l’A86 vient de suite remettre mon esprit en place, une pression sur l’accélérateur, la boite rétrograde, le moteur mue et la vitesse réglementaire est atteinte. Pendant ce temps là, je me prélasse dans les baquets AMG toutjours aussi confortables. Le MBUX est ici pour me servir, j’ai déjà écrit à son sujet, ce système est si bien que je ne veux même pas utiliser Apple CarPlay, les ingénieurs de Stuttgart ont passé bien trop de temps à dévélopper cette interface, que je me dois de l’utiliser. Le contrôle, via l’écran tactile ou le pavé numérique est un jeu d’enfant et les menus sont comme à l’accoutumée, facile à prendre en main. Le combiné d’instrumentation est toujours aussi personnalisable, qu’entre Rueil, c’est-à-dire le parc presse de Mercedes et chez moi, à côté de Sceaux, soit un trajet de 25km fait en 30 minutes j’ai changé 3 fois de design de compteurs pour au final revenir sur celui du début, que je rechangerai surement quelques heures plus tard. Cela rajoute du divertissement à vos trajets, attention tout de même à garder les yeux sur la route, même si la Classe A et ses nombreuses caméras veille sur vous et vous sauveront surement la vie (ou de moins celle d’avoir un malus avec votre assureur) en freinant à votre place. 

Même si le confort n’est pas son point fort, cette A 45 n’est pas incofortable pour autant, certes les plus grosses aspérités sont percues très fort dans l’habitacle mais la suspension fait un très bon travail pour ménager ses occupants des défauts mineurs de la route. 

L’A 45 glisse tout en restant prévenante et apporte une nouvelle dimension à ces compactes survitaminées avec des transmissions intégrales.

Bon, il est vrai pour le moment le tableau que je vous dresse de cette A 45 S n’est pas le plus explosif, et pour cause, sur ce premier trajet elle est plus “Classe A” que “45”. Mais, d’un air determiné, je prends mon téléphone, ouvre l’application Google Maps, “dézoume” une premiere fois, puis une seconde fois pour trouver un lieu adapté afin de faire exprimer cette A45 S. Et là l’endroit idéale, prêt de l’A10, cette petite fôret qui m’est familière. Alors, cap au sud, on emprunte un peu d’A6 et ses échangeurs parfois compliqués pour se retrouver sur l’A10. Stabilisé en 8è, à 130km/h, l’A 45 est un régal de confort. Pas un bruit de roulement ou de vent, le moteur ne force pas, on pourrait avaler les kilomètres par centaines. Mais je ne suis pas ici pour cela. Je mets le clignotant à droite pour sortir de l’autoroute, sors le télépéage et à moi la verdure !

Deux poids, deux mesures et 6 codes de conduites. 

La première chose qui frappe en sortant de l’autoroute et donc du mode confort, c’est les 6 modes de conduite : Sol glissant, Individual, Confort, Sport, Sport +, Race et plus fort que cela, il est possible de personnaliser chacun des modes à sa guise. Je mets de suite le mode Sport + afin de libérer l’échappement, puis je me balade quelques minutes à allure soutenue afin de prendre en main cette A45. Je prends la confiance très vite, la direction légère mais réactive invite à enchainer les courbes. Mais avant de passer en mode “Race” un point technique est indispensable, car les chiffres sont simplement affolants. Le moteur (M139), est donc un 4 cylindres tranversale de 2 litres (1991cm3) développant 421 chevaux à 6750 tr/min (soit 211.5 ch/l), avec un couple de 500 Nm disponible de 5000 à 5250 tr/min. Le M139 découle directement du M260 (un 4 cylindres très distribué dans la gamme Mercedes), mais ce dernier est tourné à 180° dans le compartiment afin qu’une quantité plus importante d’air entre pour nourrir le moteur. Ainsi le turbo se retrouve entre la cloison de l’habitacle et les cylindres, demandant une gestion de refroidissement très importante avec un refroidissement à eau, air et huile, la climatisation pour l’habitacle peut même entrer en jeu pour refroidir le turbo, accusant une pression jusqu’à 2.1 bars. Pour continuer avec les chiffres, 1550 kg sur la balance, 270 km/h et un 0 à 100 en 3.9 secondes… Et tout cela dans une Classe A, il y a de quoi avoir des sueurs froides. Mais le point que j’aimerais soulever est la puissance et le couple mais spécifiquement leurs disponibilités réspectives. Le couple est perché très haut (5000 tr/min), comme la puissance (6750 tr/min), et pourtant même sans avoir aproché ces valeurs l’A 45 S était déjà bien gonflée en-dessous. Alors, je passe en mode Race et mon pied droit enfonce la pédale de droite, le couple et la puissance se batissent le long du compte-tour, et comme je le pensais, à partir de 5000 c’est l’apothéose, le 4 cylindres a un deuxième souffle (dont il n’avait pas besoin) et l’aiguille se jette vers les 7000 tours en une fraction de seconde. La boite DCT expédie le deuxième rapport qui tombe, comme par hasard, au pic du couple et la ça devient violent, le rapport est expédié aussi vite qu’il est arrivé, l’aiguille se jette une nouvelle fois dans la zone rouge et le troisième s’enclenche, je décide ralentir. Le moteur est réellement explosif et à ma grande surprise, a un feeling très mécanique, on a l’impression de l’avoir devant nous, sous la planche de bord, c’est une experience enivrante, très différente de l’ancienne version. Ici le moteur est réglé comme un moteur de course, tout est perché très haut et malgré que cela peut-être assez frustrant sur la route, la boite à 8 rapports permet des plages d’utilisation plus courte et donc plus de possibilités de profiter de ce chef d’oeuvre d’ingénierie.

Je l’ai compris, l’A 45 va vite, très vite même, mais qu’en est-il sur des routes sineuses ? Mercedes fait le pari ici d’un embrayage sur le train arrière permettant de répartir le couple entre la roue intérieure et extérieure, permettant nottamment d’avoir un train arrière plus communicatif. Et c’est le cas, en sortie de courbe, l’A 45 glisse tout en restant prévenante et apporte une nouvelle dimension à ces compactes survitaminées avec des transmissions intégrales. Derrière le volant, le sourrire est présent et il suffit de charger les trains roulant pour sentir l’arrière enrouler légèrement avec un feeling très naturel. La direction joue son rôle afin de mettre en confiance, ses débattements rapides permettent d’ajuster le déhanché. Cela devient télépathique, ajuster l’inclinaison de son pied sur l’accélérateur puis contrôler son action avec ses bras relève d’une intéraction homme-machine très intense, et c’est à noter, sans enclencher le mode drift. Le freinage se révèle endurant et en entrée en virage, avec le transfert des masses, on sent le train avant se verouiller, accordant encore plus de confiance dans le comportement de cette compacte. Attention tout de même, les 1,5 tonnes se ressentent mais s’oublient vite et fait surprenant, plus le rythme hausse, plus l’A45 parait petite comme si elle s’enroulait autour de son conducteur devenant très engageante. La magie de l’A 45 s’explique aussi par sa versatilité, après avoir fini de jouer, je repasse en mode confort pour rejoindre mon lieu de villégiature. La Mercedes qui, quelques minutes auparavant, je comparais à une voiture de course pour son moteur devient ici une compacte comme les autres. La boite passe les rapports de manière imperceptible et perché en 8è à 130 la consommation se stabilise aux-alentours de 8 l/100, soit une autonomie de 600 kilomètres sur autoroute avec un réservoir de 50 litres. Et, en plus de cela il y a la possibilité d’emmener sa famille avec des bagages. Et pourtant, c’est bien la possibilité d’abattre les routes du réseau secondaire à des vitesses déraisonables tout en restant agile et confortable qui rend cette A 45 très attirante avec une proposition sur le marché des compactes inexistante. D’après moi, aucune n’est aussi compétente que cette A 45 S et peu sont celles donnant autant de plaisir derrière le volant. 

Une pression sur l’accélérateur, la boite rétrograde, le moteur mue et la vitesse réglementaire est atteinte.

Mais il est vrai, l’A 45 n’est pas une voiture parfaite, mais aucune ne l’est, pour autant, ce produit de la marque à l’étoile propose des prestations très impressionantes pour un prix élevé, comptez 70 000 euros de base et notre exemplaire, très optionné je l’accorde, monte à plus de 81 000 euros. Oui, pour ce prix la vous pouvez avoir une Alpine ou un Boxster, mais aucun ne vous permettra de prendre votre famille avec vous, pour ce prix certains petits SUVs vitaminés peuvent être une option, malheureusement, ils sont souvents plus chers et cela reste des SUVs avec une conduite moins intéressante que l’A 45. Il y a d’autres compactes comme l’excellente GR Yaris, la Mégane RS ou l’Audi RS3, mais aucune ne possède la force de frappe de l’A 45 ni sa versatilité. Ainsi, et pour conclure, cette A 45 devrait être l’archétype de la compacte sportive de notre temps. Handicapée par des normes venues entraver la relation homme-machine, elle se révèle dans un comportement sans faille, très communiquant et un moteur au caractère rageur de part ses réglages. C’est la porte d’entrée vers les voitures “d’ingénieurs” et l’automobile d’exception. 

Note, mention et conclusion

Note : 77,5/100

Extérieur – 16/20

Intérieur – 15/20

Moteur – 17/20

Dynamisme & Sensations – 16,5/20

Confort & Praticité – 13/20

L’A 45 S est une voiture à part, naviguant entre plusieurs mondes, entre une habilité généreuse et un confort d’utilisation qui tranche avec un moteur rageur et un train arrière joueur. C’est peut-être le meilleur moyen de partir en drift avec vos enfants !

Merci à Mercedes-Benz France et en particulier à Julien et Jean-Luc.

Galerie photos

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