Mercedes-Benz GLS 400d

Les lois du marché

Le nom GLS vous semble nouveau chez Mercedes, et pourtant c’est une tradition qui accuse désormais plus d’une décennie chez la marque à l’étoile. Présenté en 2006 aux Etats-Unis et construit en Alabama, sous le nom dans un premier temps de GL, ce SUV coiffe la gamme de Mercedes-Benz. En 2016 et afin de suivre la nouvelle nomenclature le GL sera rebaptisé GLS. En 2019, au salon de New York, le nouveau GLS (modèle X167) montre le bout de son nez. Toujours basé sur le monument automobile qu’est la Classe S, le GLS ne fait pas dans la finesse, 5,2m en longueur, 1,95m en largeur et 1,85m en hauteur et un coffre de 520 litres ; Le tout pour un tarif de 100 000 euros tout rond. Mais qu’en est-il sur la route ?

Le GLS est une si bonne routière et une si bonne voiture familiale que l’idée de faire 800 kilomètres avec 1 seul plein est non négligeable.

Extérieur : Colossal   

Le défi était de taille, rendre le GLS attractif sans qu’il soit trop massif. Les designers de Mercedes ont assez bien réussi leur pari même si sur la route (en Europe du moins, et nous reviendrons sur cela après) le GLS trouve difficilement sa place.

Le luxueux SUV ne dément pas les codes stylistiques instaurés par Mercedes. La face avant, malgré une calandre bien plus imposante ressemble beaucoup à son frère le GLE mais en plus statutaire. Les entrées d’airs aussi ont été élargies afin de garder un certain équilibre dans le design, quant aux optiques ils conservent, volontairement, une dimension plus petite afin de souligner la présence du GLS sur la route. L’étoile centrale est désormais encadrée de part et d’autre de deux branches d’aluminium perforées, marquant d’autant plus l’esprit luxueux et baroudeur de cette nouvelle version du GLS.

Le profil est marqué par un empattement très important, approchant la taille d’une Fiat 500 ; Et on découvre une silhouette très différente de ce que l’on aurait pu imaginer. L’avant se révèle est très droit, tout comme le parebrise et le coffre à l’arrière donnant un aspect très « américain » à ce GLS. Les jantes de 20 pouces sont ici très adaptées afin de remplir ces grandes arches de roues en forme carrée.

La poupe arrière se distingue par des feux allongés en dessous d’une lunette très plongeante. L’inscription GLS 400 viendra confirmer les curieux qui se diraient « Il est quand même très imposant ce GLE », qu’il ne s’agit bel et bien pas d’un simple GLE. Une baguette de chrome, superflue je vous l’accorde, vient joindre les deux blocs optiques et ravira nos homologues outre-Atlantique.

Le GLS ne représente, en somme, aucune rupture stylistique avec le design entrepris par Mercedes il y a quelques années. En revanche, il renforce des codes préétablis et les tirent à l’extrême tout en restant très Germanique dans l’âme. C’est beaucoup, mais jamais trop, suivant la très appréciable recette d’outre-Rhin.

Ce SUV coiffe la gamme de Mercedes-Benz.

Intérieur : Louable

L’intérieur de ce nouveau GLS pourrait se résumer très simplement par : grand, très grand. Si grand même, qu’il ne serait pas étonnant qu’il dépasse les 9m2 réglementaires afin d’être mis en location ; Vous en tireriez ainsi peut- être 800€ par mois dans le bon quartier. Et cette offre est, de surcroit, très bien meublée.  Les deux grandes dalles accueillent le système MBUX comprenant des extensions concernant les expéditions tout terrain afin de libérer le potentiel du GLS hors de routes pavées. Un encadrement spécial fait de lames entour les combinés d’instruments et de divertissement, donnant un air très particulier à cet intérieur. La finition est irréprochable tout comme les matériaux choisis. En revanche, l’intérieur de notre modèle d’essai, avec son cuir noir à gros grain ne donnait pas un aspect aussi luxueux que ce que l’on aurait pu attendre et n’apportait que très peu de luminosité donnant un intérieur assez austère.  Évidemment, avec un cuir de couleur plus clair et du bois à la place du laqué donneront un aspect totalement différent à ce nouveau GLS, et nous ne pouvons que vous conseiller de faire ainsi.

Le coffre de 520 litres accueil aussi les deux sièges supplémentaires afin de réquisitionner les 7 places du paquebot de Mercedes. La place pour les passagers de la troisième rangée est moyenne, tandis que ceux de la deuxième rangée seront choyés par un espace et un confort princier.

L’intérieur du GLS est un bel espace pour voyager avec sa famille, les grandes surfaces vitrées vous permettront de profiter au mieux du paysage depuis votre siège moelleux, qui pourra, si vous le souhaitez, s’adonner à un massage chaud afin de vous relaxer davantage.

C’est beaucoup, mais jamais trop, suivant la très appréciable recette d’outre-Rhin.

Conduite : Pour les vacances mais aussi pour tous les jours

Notre modèle d’essai était équipé de la motorisation 400d, un six cylindres diesel de 330 chevaux permettant au GLS d’atteindre les 100 km/h en 6,3 secondes, notamment grâce au 700 Nm. Au volant, le maitre mot c’est le confort, la suspension Airmatic fait un travail remarquable afin de gommer toutes les aspérités de la route, aidées par un système de caméra scannant l’état du bitume devant vous afin de raffermir ou d’amollir ces dernières, délivrant ainsi une expérience de conduite inédite. Le Range Rover, l’un des concurrents directs à ce nouveau GLS, propose tout de fois une expérience très différente. Disons qu’en comparaison, le Range Rover représente le confort ‘brut’ (si cet antonyme veut bien dire quelque chose), c’est un confort pur, dénudé de toute technologie moderne mais ayant aussi son lot de défaut, comme une tendance à tanguer dans les virages, qui peut aller jusqu’à donner la nausée aux occupants ; Et sur petite route, la direction très souple et en contre partie très peu précise avec un retour de force quasi inexistant, fatigue prématurément le conducteur. Ces maux sont absents du GLS, la suspension contre balance la caisse en virage donnant un effet surprenant de stabilité (merci au E-Active Body Control) pour une voiture dont la masse cumule au-dessus de 2,5 tonnes. La direction conserve un feeling très direct mais peut se manier d’un doigt. Le GLS est ainsi moins confortable que le Range Rover, par exemple, mais il est beaucoup plus rigoureux, lui donnant un aspect bien plus ‘vivable’ que le concurrent anglais.

Je suis, quant au moteur, agréablement surpris. Le 6 cylindres diesel de 330 chevaux est un très bon moteur, son couple est très agréable dans toutes les conditions, sa consommation très acceptable (nous ne parlerons pas d’émission de CO2…) et ses relances vives. Il colle bien à la philosophie du GLS en Europe, malgré un cadre légal toujours plus assommant. En effet, il se révèle, à froid, assez bruyant mais sa sonorité devient très agréable une fois chaud et lors des mises en mouvement. Evidemment, un moteur essence serait bien plus noble. Mais voilà, le GLS est une si bonne routière et une si bonne voiture familiale que l’idée de faire 800 kilomètres avec 1 seul plein est non négligeable. D’après moi, ce moteur diesel est donc, à ce jour et en Europe où le litre d’essence tourne très souvent autour de 1,7-1,8€, le choix le plus adéquat. En revanche, si vous nous lisez depuis les Etats-Unis, ou la consommation des véhicules et le tarif de l’essence ne représentent même pas une condition d’achat, alors n’hésitez pas et prenez le V8 essence ou même la version 63 AMG.

La boite à 9 rapports aide beaucoup à la baisse de consommation, mettant à profit l’énorme disponibilité de couple du moteur diesel. Elle est aussi très rapide et instinctive, arrivant à comprendre lorsqu’il s’agit d’une accélération juste pour dépasser un autre véhicule ou si cette dernière est le début d’une conduite sportive.

Au volant, le maitre mot c’est le confort, la suspension Airmatic fait un travail remarquable afin de gommer toutes les aspérités de la route.

Pensées : Pourquoi es-tu là ?

La question n’est pas farfelue, mais le GLS ne semble pas avoir sa place dans nos sociétés européennes ou ce type de véhicule est devenu un objet et un motif de haine. Oui, le GLS a été développé pour le marché Américain, où il est d’ailleurs produit mais sa présence en Europe n’est pas fortuite. Le GLS représente le nouveau summum du luxe chez Mercedes, et est d’autant plus important que le segment des SUV continu de croitre. Oui, la Classe S subsistera, car les chefs d’état et grands patrons d’entreprise devront continuer à se déplacer (la semaine), mais pour quelqu’un qui veut le niveau de confort et de prestation qu’offre la Classe S, il se dirigera surement sur le GLS, avec lequel il ne craindra jamais plus de voir quelqu’un s’installer à l’arrière pensant qu’il s’agissait de son chauffeur. Le GLS est fait pour les acheteurs de Classe S, mais lorsqu’ils se déplacent avec leur famille et qu’ils conduisent eux-mêmes.

Pourtant les ventes ne sont pas encore là, en 2020 Mercedes a vendu 4 785 exemplaires de son GLS en Europe (16 000 aux Etats-Unis, sachant que l’Europe compte 700 millions d’habitants et les USA deux fois moins), c’est peu, en comparaison, Porsche a vendu 15 340 exemplaires de sa 911 en Europe et le GLE lui s’est vendu à presque 40 000 exemplaires sur le vieux continent.

Mais il y a fort à parier que se chiffre atteindra surement 8 000 exemplaires en Europe, soit le double d’aujourd’hui, d’ici 5 ans. Pourquoi ? Car le GLS représente un véhicule bien né avec une versatilité à faire rougir d’autre marque Allemande.  

Note, mention et conclusion

Note : 74/100

Extérieur – 15/20

Intérieur – 14/20

Moteur – 15/20

Dynamisme & Sensations – 12/20

Confort & Praticité – 18/20

Cette nouvelle génération de GLS comble une attente de ses clients pour un SUV très luxueux basé sur la Classe S. Le produit finit est incontestablement réussi et il est facile d’imaginer qu’il sera un succès commercial.

Un grand merci à Mercedes-Benz France, en particulier à Julien et à Jean-Luc.

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