Audi A3 Sportback

Tout pour plaire.

La A3 d’Audi est à l’industrie automobile ce que le riz est à l’alimentation. C’est un élément basique, fonctionnel et déclinable avec n’importe quelle sauce. Mettez du ketchup dans votre riz, même si cela vous répugne, vous verrez que c’est étrangement bon. Mettez un 5 cylindre de 400 chevaux dans une A3 et vous serez stupéfait du résultat. Ceci est rendu possible grâce à une (très) bonne base que représente la compacte d’Audi. Pour 2020 le constructeur d’Ingolstadt lance sa nouvelle génération, jeune et audacieuse elle aimerait, comme ses prédécesseurs, être l’une des références de l’impitoyable et ultra-concurrentiel segment des compacts. A-t-elle les atouts pour y arriver ? Décryptage.

Une fois de plus, Audi nous livre un chef-d’œuvre de polyvalence

Extérieur : Influence latine

La A3 c’était avant tout un design sobre, un profil plat, consensuel dans l’âme. Pensez-y, vous n’avez jamais entendu quelqu’un vous dire « Woah ! La A3 est vraiment l’une des plus belles voitures du monde » ou encore « Eurk ! La A3 est vraiment une voiture horrible ». Cela risque de changer. En effet, Audi a laissé sa philosophie consensualiste de côté et les designers ont, pour la première fois, fait quelque chose dont ils n’avaient pas l’habitude avec leur employeur, créer une rupture. La nouvelle A3 tranche avec l’ancienne.

La face avant est plus agressive et la calandre fait toute la largeur de la face avant, qui est, elle-même incliné vers la route, comme sculpté par le vent. Les optiques s’adonnent à une petite danse très sympathique (mais au combien inutile) lors de l’ouverture et la fermeture des portes. Le capot est aussi plus sculpté avec des nervures qui donnent un sentiment de largeur à la voiture.

Le profil abandonne définitivement ses faces plates et laisse place à des portières plus creusées lui donnant en même temps une sensation de robustesse mais aussi de sportivité. La forme générale n’évolue cependant pas en profondeur afin de ne pas déstabiliser les clients. De surcroît, l’utilisation en masse d’aluminium permet de créer des arrêtes qui nécessitaient des ressources conséquentes avec de la tôle classique.

La poupe est moins agressive que l’ancienne version en devenant plus ronde. Des feux très fins atténuent tout de même ces rondeurs. Deux extracteurs d’air factices situés des deux côtés de la poupe viennent clore ce design.

Sur voir rapide, un silence monacal imprègne l’habitacle et la compacte révèle une stabilité déconcertante

Cette nouvelle A3, avec son nouveau design, se démarque du reste de la gamme, avec un esprit plus joviale, plus latin, plus XXIè siècle dans l’âme.

Intérieur : Protocolaire.

L’intérieur lui aussi est au centre de beaucoup de changement. L’esprit reste le même, c’est ergonomique, spacieux malgré une finition en baisse par apport à l’ancien modèle. Parmi ces petites fausses notes, on notera notamment la présence de plastique dur au niveau de l’accoudoir, l’absence sur notre modèle d’essai des rétroviseurs rabattables électriquement, et quelques autres détails qui nous chagrine un peu.

Pour autant le système multimédia, totalement repensé et assez intuitif et assez rapide, en revanche l’instrumentation déjà disponible sur le modèle précédent commence à faire sentir le poids des années. La critique s’arrête ici, sur le reste Audi signe un sans-faute, les cuirs sont d’une qualité rare pour une compacte de ce segment et la qualité perçue est toujours l’une des meilleurs du marché. La place pour les occupants installés à l’arrière est importante tout comme le coffre qui culmine à 425 litres. L’intérieur en cuir gris de notre modèle d’essai est un très bon choix, il est beaucoup plus lumineux que le simple cuir noir mais n’en devient pas salissant pour autant. Ceci est aussi accentué par la présence des sièges S Line qui ressemblent très fortement aux sièges des nouveaux modèles RS (RS6 & RS7) et du Urus, il y a pire comme lien de parenté.

Audi signe un sans-faute, les cuirs sont d’une qualité rare pour une compacte de ce segment et la qualité perçue est toujours l’une des meilleurs du marché.

En somme l’intérieur de cette nouvelle A3 est un très bon habitacle pour une compacte, mais nous avions eu tellement l’habitude de voir l’A3 prendre de façon importante en qualité que cette nouvelle version semble parfois un peu dénaturer l’esprit si important que la marque d’Ingolstadt a bâti.

La nouvelle A3 tranche avec l’ancienne.

Conduite :  Les petits plats dans les grands.

L’Audi A3, comme expliqué au-dessus, doit convenir à un maximum de personne, ce qui est une tâche ardue pour un constructeur automobile. Pourtant, une fois de plus, Audi nous livre un chef-d’œuvre de polyvalence. Sur la route cette nouvelle A3 est plus axée confort que sport. La direction certes a une remonté d’information très limitée mais est en adéquation avec le comportement de l’auto. Nous le comprenons très vite, les petites routes de campagnes ne sont pas le terrain de jeu de cette nouvelle A3, même si la compacte s’y sent à l’aise. En outre, notre 4 cylindres diesel permet allègrement de franchir la barre des 1 000 kilomètres d’autonomie avec une consommation, sur autoroute à 130, de 4,5 litres/100.

C’est à ce moment où cette A3 nous surprend, sur voie rapide, un silence monacal imprègne l’habitacle et la compacte révèle une stabilité déconcertante. Même au-dessus de la vitesse réglementaire la « petite » d’Audi reste silencieuse, planté sur la route, trahie seulement par quelques bruits d’air des rétroviseurs. Hormis cela, on se sent vraiment dans une berline style A4 voire même A5 Sportback (pour ne pas dire A6).

En ville, l’évolution se fait dans la douceur, la suspension assez moelleuse recouvre bien les nombreuses imperfections des routes et la position de conduite permet une vision périphérique des nombreux dangers qui peuvent surgir de toutes parts, surtout à Paris.

Derrière son volant cette nouvelle génération d’A3 se révèle être tout ce qu’il y a de plus Audi, avec une vraie polyvalence, sans compromettre son confort, sans toucher à sa petite dose de sportivité et sans entacher sa rigueur. C’est techniquement très réussi et on sent, à chaque instant que les ingénieurs de la marque aux anneaux sont les maîtres en la matière.

Pensées : S’il ne fallait qu’en garder qu’une ?

Cette A3 est, d’après moi, l’une des voitures les plus abouties et définit le terme automobile de la meilleure des manières. Si vous regardez dans un dictionnaire ou que vous tapez « voiture » ou « automobile » dans Google, il y a beaucoup de chance pour que vous tombiez sur une Golf, car la Golf, et cela depuis des décennies, est l’incarnation de ce qu’est l’automobile. Une voiture bonne partout, sans réel défaut, allant aussi bien aux hommes, qu’aux femmes ; Aux jeunes, qu’aux plus âgés ; Aux grands, qu’aux plus petits. Et aujourd’hui, en 2021, ce rôle est rempli par l’A3. Longue vie à la compacte d’Audi.

Audi signe un sans faute.

Note, mention et conclusion

Note : 70,5/100

Extérieur – 15,5/20

Intérieur – 14/20

Moteur – 13/20

Dynamisme & Sensations – 13/20

Confort & Praticité – 15/20

Cette nouvelle génération d’A3 ce n’est pas qu’une simple mise à jour, c’est une refonte en profondeur de la compacte qui représente le mieux l’automobile.

Un grand merci à Audi France, en particulier à Sabrina et à Philippe.

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