Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio

À plein cœur !

Alfa Romeo nous manquait, l’une des marques avec le plus d’histoire du secteur automobile semblait écartée de ses racines sportives. Jusqu’à l’apparition de la Giulia, applaudi par la critique, puis du Stelvio, lui aussi applaudi par la critique. De surcroît, dans leur version Quadrifoglio ces deux voitures ont détenu le record sur le Nürburgring. Alors forcément, chez Haute Automobile, un SUV de chez Alfa Romeo qui détient le record du Nürburgring, cela nous donné envie d’essayer, de goûter et de voir si on en reprendrait bien. En voici le récit. 

Les premières heures : 

Nous étions bien loin du soleil, de la Toscane, de l’Italie, d’un réveil tardif avec des tartines chaudes, de la confiture et des criquets qui chantent. Non il est 7h58, en pleine grève des transports, à Trappes et un nuage de pluie s’abat sur nous lorsque nous passons la porte de FCA (Fiat Chrysler Automotibles, détenteur d’Alfa Romeo). Très bien accueillis et au chaud dans le garage au sol gris immaculé nous attendons le Stelvio. Nous parlons ainsi avec le responsable de l’atelier, un homme charmant jusqu’au moment où… le voici. Avec sa couleur tri-couche Rouge Competizione (une option à 2500€) et ces jantes de 20 pouces noir (baptisées Quadrifoglio Scuro, scuro étant la traduction de sombre en italien) le Stelvio nous en met pleins les yeux. 

Extérieur : Un charmant mélange des genres

Extérieurement le Stelvio Quadrifoglio diffère de peu du Stelvio classique. Ce qui n’est pas un mauvais point. L’avant reçoit un bouclier plus agressif avec des ventilations sur le capot. Mais c’est surtout le profil et l’arrière qui sont, d’après moi, vraiment enchanteurs. Le profil est sportif et la ligne du toit, a mi-chemin entre un coupé et un SUV plus conventionnel lui va à ravir. On notera des élargissements sur les passages de roues, du plus bel effet. Et, sans oublier, le badge triangulaire sur l’aile avant arborant le Trèfle historique d’Alfa Romeo sur fond blanc, un peu à la façon Ferrari. La poupe suit le dogme du profil, c’est-à-dire tout en rondeur, venant souligner cette quadruple sortie d’échappement, étant l’un des seuls éléments nous rappelant que nous sommes en présence d’un SUV non-conventionnel. L’extérieur signe un sans faute.

Intérieur : Une nouvelle jeunesse 

Souvent critiqué pour un manque de qualité, Alfa Romeo remonte ici la barre. La finition est soigné, quelque détails comme le touché de certains boutons vous rappelleront que la frontière du Rhin n’a pas été franchie et que la rigueur germanique ne fait pas partie du mélange. Et pourtant, le Stelvio est plus attachant, on lui pardonne ses écarts lorsque l’on voit le bouton de démarrage sur le volant, ou le trèfle à quatre feuilles engravé sur le compteur. L’habileté intérieur est tout à fait acceptable et son coffre se trouve dans la moyenne (525 litres, soit un peu moins qu’un Audi Q5). Les sièges sont recouvert d’Alcantara et de cuir séparés par une surpiqûre rouge. Mention spéciale au volant absolument magnifique intégrant carbone, alcantara et cuir et, surtout, aux palettes en acier d’une grandeur gigantesque, fixées à la colonne de direction comme sur une Ferrari ou une Maserati avec un feeling que seules les autos italiennes possèdent.

Pour autant l’intérieur possède aussi son lot de bizarreries comme le commodo des clignotants, bien qu’en Italie l’utilisation du clignotant semble très limité, certains pays scandinaves ont plus d’attrait pour cette petite branche à gauche du volant. En effet, Alfa Romeo a prit la décision de le faire à la manière “BMW” ou “MINI”  ; c’est-à-dire que le commodo ne reste pas en place lors de son activation et se reloge dans sa position primaire. Chez MINI c’est assez intuitif car il s’agit juste de rappuyer vers le bas ou vers le haut d’une petite pression, mais chez Alfa Romeo c’est différent. En effet pour désactiver ce dernier, il faudra le remonter (si vous tournez à gauche et que vous avez donc abaisser le commodo) depuis sa position du milieu mais très légèrement, sinon, vous engagez celui de l’autre côté.  Et bien-sûr, le scénario se répètent dans l’autre sens. Mais il y a un grand avantage à ce système ou celui de MINI/BMW, l’absence du bruit du plastique lorsqu’il revient au milieu, faisant passer même les voiture les plus luxueuses pour du low-cost. 

Autre bizarrerie, si vous appuyez sur le boutons des suspensions l’ordinateur de bord vous donnera une informations des plus précises : “Suspensions M.I.D. actives” (ou inactives). Hmmm… Mais qu’est-ce donc cette suspension M.I.D. ? Nous ne le saurons jamais… 

Moteur, dynamisme, sensations et émotions : La pierre angulaire 

En termes de moteur on retrouve un V6 d’origine Ferrari à 90 degrés, dérivant directement du fameux V8 double turbo, nommé plusieurs fois “Moteur de l’année”. Les bases sont bonnes. Si bonnes même que le 0 à 100 est expédié en 3,8 secondes, soit un dixième plus lent que le Urus… Avec 140 chevaux en plus. La transmission est une boîte automatique à 8 rapports mais sans double embrayage. Elle n’en reste pas moins réactive et très rapide. Ainsi, ce package qu’offre le Stelvio Quadrifoglio est un joyau  et émerveillera tous vos trajet. Lors du passage en mode “Track” la symphonie de l’échappement réenchante le monde, avec une générosité prodigieuse. D’un grave dans les bas régime à l’aigu des hauts régimes chaque plage moteur a sa propre sonorité. À chaque accélération on a envi de battre des mains comme un enfant. Le châssis est d’une efficacité dévastatrice avec une formidable maîtrise du roulis. En conduite sportive le Stelvio Quadrifoglio est une démonstration édifiante du plaisir au volant et de la passion qui anime les ingénieurs de chez Alfa Romeo. Les freins ont un très bon mordant mais pourraient révéler quelque faiblesse en utilisation intensive ou sur circuit. Si votre objectif est d’emmener votre Stelvio Quadrifoglio dans ses retranchements alors il faudra cocher la case freins carbone-céramique à 7500€. Et, plus l’on passe de temps derrière son volant, plus on oublie tous ces petit détails de finition, et on se surprend même à penser que l’automobile c’est finalement comme les humains, qu’une personne parfaite sans défauts serait finalement ennuyante et que les qualités attirent forcément certains défauts. Alors finalement, le Stelvio est peut-être pas le plus beau des SUV, il n’est peut-être pas le plus puissant ou le plus performant et il n’est certainement pas le plus luxueux ni celui avec la meilleure finition, mais il est, sans aucun doute, le plus attachant des SUV d’aujourd’hui. 

Durant l’année 2019 nous avons pu essayer nombreux SUV, et celui qui retiendra notre attention, qui aura donné du fil à retordre à nos muscles zygomatiques c’est sans aucun doute le Stelvio Quadrifoglio. On a senti ici ce qui véhicule Alfa Romeo: la passion, les émotions et l’enthousiasme. Il est aussi important de rappeler qu’il s’agit du premier SUV de la marque transalpine, que la banque d’organe de FCA (si on exclue Ferrari) n’est pas la plus large du monde, c’est alors un réel tour de force pour Alfa Romeo de réussir à développer une voiture avec ce niveau de performance. 

Un prix conséquent ? 

Alors avec ce niveau de prestation l’Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio doit avoir un prix en conséquence, en effet, ce dernier est élevé 92 900€ (prix 2020). Pourtant ces chiffres sont à relativiser, mais comment relativiser une telle somme ? Comparons alors ses concurrents, Porsche Cayenne Turbo, X5 M, GLE 53 AMG, Range Rover SVR, F-Pace SVR. Alors voilà, pour un Cayenne Turbo compter 150.000€, pour le nouveau X5 M le chèque sera de 145.000€, pour le GLE 53 (ne faisant “que” 435 chevaux, et donc n’étant pas le réel compétiteur du Stelvio) cela sera 95 000€. Alors allons voir du côté anglais, le Range Rover SVR se négocie lui à partir de 137 000€, le F-Pace commence à partir de 102 000€. 

Ainsi mit bout à bout le Stelvio Quadrifoglio est une affaire, et en plus, vous aurez la certitude d’être le premier au départ et même si arrivé à la fin de la ligne droite vous êtes derrière, à la sortie du virage vous repasserez devant. 

Note, mention et conclusion

Note : 78,5/100

Extérieur – 16/20

Intérieur – 13/20

Moteur – 18/20

Dynamisme & Sensations – 17,5/20

Confort & Praticité – 14/20

Merveilleux.

Si on devait plus développé on dirait que le Stelvio est une machine improbable et sensationnelle. Son caractère le rend attachant et nous confirme qu’Alfa Romeo est de retour. vous ne l’achèterez pas pour sa technologie ou son intérieur mais pour l’émotion qu’il vous procure à chaque fois que vous le démarrerez.

Un grand merci à toute l’équipe de FCA France. En particulier à Jean-François et Dominique. 

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